Droits des femmes : l’avocate Gisèle Halimi, figure majeure du féminisme français, est morte

Droits des femmes : l’avocate Gisèle Halimi, figure majeure du féminisme français, est morte

Gisèle Halimi est morte le 28 juillet 2020, le lendemain de ses 83 ans. La célèbre avocate s’est notamment fait connaître pour ses combats contre la torture pendant la guerre d’Algérie, mais aussi pour ses positions féministes. Elle s’est battue pour la légalisation de l’avortement et la criminalisation du viol. Une figure majeure du féminisme dont les combats guident aujourd’hui encore de nombreuses militantes et autant de militants.

Le combat pour la légitimité politique du féminisme

Pour beaucoup et notamment pour la philosophe Geneviève Fraisse, Gisèle Halimi et ses combats ont permis de donner au combat féministe toute sa légitimité sur la scène politique nationale, mais aussi internationale. Une participation majeure à la lutte féministe dont les conséquences sont visibles encore aujourd’hui dans certains nouveaux acquis.

Un vote à l’Assemblée nationale à la fin du mois de mai dernier en témoigne. Il a rendu gratuites les protections menstruelles pour toutes les femmes les plus précaires. Le tabou qui entoure les règles est épais et a déjà coûté la vie à de nombreuses femmes à cause de la composition des protections et des chocs toxiques.
Des marques comme Heygina luttent pour améliorer la qualité des protections, mais le combat est également politique pour placer ses questions au centre du débat public.

Un rôle important dans la légalisation de l’avortement

Si la légalisation de l’IVG a été portée par Simone Veil et que c’est elle qui est souvent citée, le rôle qui a joué Gisèle Halimi n’est pas à négliger. Effectivement, en 1972, la jeune avocate avait défendu une femme qui avait avorté après avoir été violée.

Gisèle Halimi était évidemment portée par ses convictions au cours de ce procès aujourd’hui appelé « Procès de Bobigny ». Elle avait obtenu l’acquittement et cette jurisprudence a pesé lourd dans la décision de légaliser l’IVG.

Désormais, toutes les victimes d’expulsion spontanée d’un stérilet ont le droit d’avorter grâce à cette législation.

La dimension politique du combat féministe

Si Gisèle Halimi est si souvent citée par les militantes et les militants féministes, c’est parce que l’ensemble de son travail a permis de rassembler de nombreuses sensibilités. L’avocate et écrivaine croyait en l’identité politique du combat féministe. Elle l’a donc mené dans les arènes judiciaires, mais également politiques.

En plaçant la question du féminisme au centre de certains débats de société, elle a participé à lui donner la dimension politique que ses détracteurs refusaient de lui octroyer.
Aujourd’hui, alors que le féminisme est un combat beaucoup plus présent sur la scène politique et médiatique, il est impossible de ne pas y trouver une victoire de la lutte menée par Gisèle Halimi de la manière la plus large possible.

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